Dans les coulisses
Améliorer la pertinence de l’information fournie dans les produits d’information sur la sécurité alimentaire: entretien avec M. Mahama Zoungrana
M. Mahama Zoungrana est Directeur Général de la Direction Générale des Prévisions et des Statistiques Agricoles (DGPSA), Ministère de l’Agriculture, Burkina Faso.
Mme. Françoise Trine est analyste de la sécurité alimentaire à la FAO.
Le DGPSA a organisé conjointement avec la FAO en juin 2007 un atelier de formation qui s’intitulait “Réaliser des produits d’information sur la sécurité alimentaire pour l’action”. L’objectif de cet atelier était d’améliorer la pertinence de l’information fournie dans les produits d’information sur la sécurité alimentaire (PISA) au Burkina pour la prise de décision.
Vingt huit professionnels des principales institutions concernées par la sécurité alimentaire, au niveau central et décentralisé, ont participé à cette formation de cinq jours.
FT:
Quelles sont les actions les plus importantes qui ont été prises suite à la formation pour améliorer les produits d'information sur la sécurité alimentaire?
MZ:
Tout d’abord je tiens à souligner l’importance de cette formation pour la DGPSA à deux titres :
D’abord, pour la DGPSA en tant que structure assurant la
"La formation a renforcé les capacités à produire une information pertinente pour la décision." |
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coordination nationale du Système d’information sur la Sécurité Alimentaire au Burkina: la formation a permis de renforcer les capacités de plusieurs structures du dispositif au niveau central et au niveau décentralisé à produire une information pertinente pour la décision. Si les Systèmes d’information ont plus de capacités, cela donnera plus de matière à la coordination nationale.
En deuxième lieu pour la DGPSA elle-même : le volume des produits de l’information que la DGPSA met à la disposition des utilisateurs est très important et augmente au cours des années et
"Nos informations sont plus souvent citées comme source dans les articles publiés par d'autres organisations. " |
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nous sommes conscients de la nécessité d’améliorer leur qualité au fur et à mesure pour accroître leur audience et leur impact.
Pour ce qui est des actions les plus importantes, je pourrais citer, les améliorations apportées au bulletin trimestriel : l’aperçu du contenu du bulletin qu’a le lecteur en lisant l’éditorial, les recommandations faites à la fin des articles, la mention de la période couverte et j’en passe. Ce sont des choses qui ne semblent pas importantes à première vue mais qui rendent le produit plus agréable à lire et surtout qui permettent aux décideurs de trouver des éléments qui peuvent conduire à des prises de décision.
Nous avons également conduit une enquête auprès des utilisateurs pour mieux comprendre leurs besoins en informations.
Il en est de même pour les autres produits de la DGPSA. Le bulletin AgriAlerte est devenu plus léger mais plus digeste pour le lecteur. Il est orienté vers l’action. Il contient des recommandations précises.
FT:
Dans quelle mesure ces actions ont-elles contribué à améliorer les produits d’information sur la sécurité alimentaire?
MZ:
La formation de Tenkodogo nous a permis de tenir compte des enseignements reçus dans la rédaction de nos PISA. Les facteurs influençant l’utilisation de l’information contenue
dans les PISA, le niveau de détail nécessaire pour intéresser le public cible principal sont des notions dont nous tenons compte dans la rédaction de nos PISA. Et cela ne s’applique pas seulement aux PISA examinés lors de la formation mais aussi aux rapports et aux autres documents que nous produisons.
FT:
A votre avis, les produits d’information sur la sécurité alimentaire améliorés sont-ils maintenant plus utiles pour la prise de décision?
MZ:
Il est difficile de répondre à cette question car nous ne disposons pas de tous les éléments pour associer les décisions à des sources d’information spécifiques. Mais nous avons noté que nos informations sont plus systématiquement citées comme source dans les articles publiés par d’autres organisations. Nous recevons également de nombreuses demandes pour figurer dans le mailing liste de diffusion des produits d’information sur la sécurité alimentaire. Le fait de toujours faire des recommandations pertinentes permet aux décideurs de prendre des mesures appropriées.
Le fait également de tenir compte du niveau de détail nécessaire. Par exemple pour un décideur il n’est pas nécessaire de faire un rapport de plus de deux pages car il n’a pas le temps de le lire.
FT:
Quelles sont vos conclusions quant à la pertinence et l’impact de cette formation ?
MZ:
Comme je le disais plus haut, la formation nous a permis
d’appliquer des principes simples dans la rédaction de nos documents au quotidien mais qui apportent une valeur ajoutée très importante. La formation était très pertinente dans le cas particulier de la DGPSA car tous les outputs de notre direction sont des documents. Il est donc très important que ces documents soient appréciés et utilisés par leurs publics cibles. Cela assure une bonne visibilité à la DGPSA.
Pour les autres structures qui ont participé à cette formation, l’amélioration des produits est un processus plus long et certainement plus coûteux, en particulier pour les structures décentralisées pour lesquelles des efforts financiers importants sont nécessaires pour améliorer les produits d’information.
FT:
Comment est-ce que la FAO peut continuer à vous aider pour améliorer les PISA au Burkina Faso?
MZ:
Je pense que la FAO peut continuer à renforcer les capacités des systèmes d’information centraux et décentralisés dans l’amélioration des produits d’information et également renforcer la concertation entre les structures du dispositif national d’information sur la sécurité alimentaire.
Des activités comme l’Atlas dynamique de sécurité alimentaire (ADYSA) gagneraient à être élargies aux dispositifs décentralisés le plus rapidement possible.
La FAO pourrait également appuyer les systèmes d’information à améliorer leurs dispositifs de collecte d’informations sur le terrain car de la qualité des informations collectées dépend la qualité des outputs attendus.
FT:
Avez-vous des commentaires que vous désirez ajouter?
MZ:
Au Burkina Faso, nous avons de grandes ambitions pour ce qui concerne la régularité et la qualité des productions des dispositifs nationaux d’information en matière de sécurité alimentaire. Mon souhait est de voir la FAO, mais aussi d’autres partenaires actifs dans le domaine de la sécurité alimentaire, nous soutenir pour que nous puissions éclairer les décisions sur la base d’informations de plus en plus pertinentes en vue de renforcer la sécurité alimentaire dans notre pays.
Préparé par Françoise Trine
Ouagadougou, février 2008