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Sécurité alimentaire : l'information pour la prise de décision
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Le prochain grand pas pour le changement climatique?
Exploiter l’énorme potentiel du sol en tant que puits de carbone

juin 2009

L’une des principales raisons du réchauffement climatique est l’accumulation constante de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Rares sont ceux qui ont compris que le sol présente un potentiel inexploité considérable en termes de réabsorption et de stockage du dioxyde de carbone.

En effet, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) la fixation du carbone dans le sol serait l’un des moyens les plus efficaces pour atténuer les effets du réchauffement de la planète. Malheureusement, beaucoup de techniques agricoles modernes entraînent une perte, plutôt qu’une augmentation, du carbone retenu dans les sols. La préparation du sol, par exemple, ne fait pas que libérer du dioxyde de carbone ; elle le rend également plus vulnérable à l’érosion. De plus, il est rare que les sols soient réalimentés en matière organique, raison pour laquelle ils se dégradent avec le temps.

Comment faire pour renforcer la capacité de fixation du carbone des sols?

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Ne retournez pas le sol, car cela altère la structure du sol, libère le carbone dans l'air et rend le sol vulnérable à l'érosion.
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Rajoutez de la matière organique, en particulier des déchets des récoltes. Cette matière organique est mangée par les vers de terre dont les déjections servent à réincorporer du carbone dans le sol.
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Diversifiez et pratiquez une rotation des cultures de façon à ne pas épuiser les nutriments du sol.

De nombreuses techniques appliquées dans l’agriculture de conservation (AC) permettent de réhabiliter rapidement les sols épuisés en 2 à 5 ans, ce qui se traduit par un accroissement de leur capacité générale de fixation du carbone. Cependant, ces techniques agricoles ne s’appliquent actuellement que sur 6% des terres agricoles. Les agriculteurs désireux de pratiquer l’AC doivent pouvoir compter sur des mécanismes d’assurance et d’autres mesures d’incitation tout au long de cette période de transition.

Des avantages pour les agriculteurs…et pour l’environnement

Ce qui bénéficie la terre présente également un intérêt économique pour les agriculteurs. Ceci se traduit notamment par une baisse des frais de main d’œuvre et d’équipement puisque les terres n’ont plus besoin d’être labourées ou d’être remuées. Les agriculteurs peuvent donc consacrer plus de temps à d’autres activités rentables et à poursuivre des études. Qui plus est, comparées à d’autres pratiques culturales, les techniques d’AC produisent en fait de meilleurs rendements dans les périodes sèches.

Il y a également des avantages à plus long terme pour l’environnement car le sol devient plus fertiles et peut retenir davantage d’humidité. Il y a moins d’érosion et une eau de meilleure qualité dans les zones environnantes. La réduction de l’érosion facilite également l’entretien des barrages et des routes et la biodiversité s’accroît sur et dans le sol.

En quoi consiste exactement la fixation du carbone dans le sol ?

Selon les estimations, les matières organiques présentes dans le sol, telles que les racines, les plantes, les matières organiques en décomposition, les organismes vivants du sol contiennent quelque 2 500 gigatonnes de carbone à l'échelle mondiale. Ce carbone est stocké (ou « séquestré ») en toute sécurité dans le sol, et non pas libéré dans l’atmosphère.

La fixation du carbone dans les sols permet de compenser en partie l’augmentation constante de dioxyde carbone libéré dans l'atmosphère par la combustion des combustibles fossiles, les processus industriels, etc.  Certains calculs indiquent en effet que de meilleures pratiques de gestion des sols pourraient aider à compenser plus de 90% des émissions de carbone.


Ignoré par Kyoto ?

The Kyoto protocol’s Mécanisme pour un développement propre (MDP) du protocole de Kyoto permet aux pays industriels d’investir dans des activités de réduction des émissions dans des pays en développement plutôt que dans leurs propres pays où la réduction des émissions est généralement plus onéreuse. Malheureusement, le MDP ne prend pas en considération la fixation du carbone dans le sol comme éventuel investissement, malgré son énorme potentiel et le fait qu’il soit bon marché et respectueux de l’environnement.

Activités relatives au changement climatique dans le cadre du rogramme CE-FAO « Faire le lien entre l'information et la prise de décision pour améliorer la sécurité alimentaire »

La composante consacrée au changement climatique du programme aidera les pays à évaluer les répercussions de la variabilité actuelle et future du climat. Ces activités permettront de détecter des régions particulièrement vulnérables qui auraient tout à gagner d’une agriculture de conservation (AC). Elles permettront également de mesurer les risques associés au climat et des assurances récoltes qui pourraient faciliter le passage des agriculteurs à une agriculture de conservation.

Cet article a été préparé par Denise Melvin qui souhaite remercier René Gommes et Theodor Friedrich de la FAO de leurs contributions d’experts



FAO/Botts
Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), la fixation du carbone dans le sol serait l’un des moyens les plus efficaces pour atténuer les effets du réchauffement de la planète.

Liens
> Site Web: L'agriculture de conservation (AC)

> FAO Soil Carbon Sequestration Website
> Site Web: Le changement climatique





FAO
Le « Programme CE-FAO : faire le lien entre l'information et la prise de décision pour améliorer la sécurité alimentaire » est financé par l'Union européenne (UE) et exécuté par
l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)
Union européenne
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